165: GLORIA GRAHAME: WHAT A SHAME! gloria-grahame-2

Gloria Grahame avait tout, absolument tout pour devenir une des plus éblouissantes étoiles du septième art, à commencer par un talent inouï pour faire de la moindre réplique, du moindre morceau de scène un petit bijou en forme de gifle et parfois même de coup de fouet! On ne somnole pas quand miss Grahame paraît!

Bien entendu elle était très belle et avait à revendre ce que l’on appelait alors « du chien » mais surtout, elle avait un style bien à elle une personnalité qui ne devait rien aux manipulations des studios ni même à ses metteurs en scènes.

Gloria était languissante à l’écran. A côté d’elle Greta Garbo aurait eu l’air d’un zébulon sous ecstasy, mais si la divine languissait vraiment aux portes de l’ennui, Gloria avait des réveils de cobras!

Gloria Grahame scandalisait aux écrans une Amérique qui en avait pourtant déjà vu d’autres. Elle excellait dans le stupre, le crime et la débauche avec la désinvolture bienveillante d’une mère de famille à une matinée enfantine. Ce n’était pas son destin, c’était sa nature, et là était le scandale.

Gloria que l’on devine nue sous ses robes s’ennuie déjà avant son apparition dans l’intrigue. Alors pour se désennuyer, elle détourne les maris, accapare les fiancés et peut même, pourquoi pas, vous dézinguer un gangster à bout portant avec autant de simplicité désabusée que pour commander un martini au bar. Gloria n’ a peur de rien car ses personnages traînent avec eux une sorte de fatalité noire contre laquelle elle n’offre aucune velléité de résistance. Quand Gloria est plaquée, mise en prison ou même tuée à son tour,  suivant les cas, elle se sert un autre Martini, s’emmitoufle dans son inséparable vison ou se demande combien de temps le metteur en scène va faire durer son agonie. Gloria n’a jamais pitié des autres, elle n’a d’ailleurs jamais pitié d’elle même.

Cette image de femme fatale, la plus réussie de tout le cinéma américain parce qu’elle n’a pas besoin d’excuses heurta on ne peut plus les vertus et les bonnes consciences! Le public était effarouché et rares sont les studios qui oseront la mettre en tête d’affiche d’un film. Elle obtiendra d’ailleurs son seul Oscar pour un rôle exceptionnel dans sa carrière de petite épouse bourgeoise de province,  Y avait-il là un message hollywoodien?

Bien entendu, que le public confonde une actrice et ses personnages à l’écran est plutôt tout à son honneur et n’explique pas une carrière éblouissante soudain avortée. mais c’est que voyez-vous, Gloria de son propre aveu n’a jamais rien compris à Hollywood et reconnaissons-le, Hollywood n’ a pas compris Gloria Grahame.

Elle était une des premières femmes libre de son temps et n’obéissait qu’à elle-même, cumulant les aventures, les mariages, les divorces à problèmes, les maternités et les guerres sans merci pour la garde des enfants, sa vie privée donnait le tournis et Gloria s’y donnait le mauvais rôle et ne s’en cachait pas. Avec elle, si le scandale n’était pas quotidien il était quand même hebdomadaire et je ne parle pas des faux scandales hollywoodiens à la Jayne Mansfield qui perd le haut de son bikini dans sa piscine tous les jours à 16h30.  Non! De vrais scandales qui obligeront l’actrice plusieurs fois à l’exil européen en attendant que les affaires ne se tassent et surtout lui feront perdre des rôles importants au cinéma. Ce dont là aussi, outrage impardonnable pour Hollywood, elle semblait se ficher éperdument!

fichier doc 165 GLORIA GRAHAME

Cliquez sur le lien pour découvrir la biographie de Gloria Grahame par Celine Colassin

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