blanchette brunoy

J’ai souvent dit en guise de préambule aux présentations de mes « incontournables » du cinéma du XXème siècle qu’elles étaient « Une de mes actrices préférées » C’est toujours vrai. J’ai beaucoup d’actrices préférées car elles ne le sont pas pour les mêmes raisons.

C’est encore plus vrai pour Blanchette Brunoy.

Blanchette Brunoy est l’une de mes actrices préférées et le restera toujours.

Blanchette c’est le contraire de Viviane Romance car elle n’est pas femme fatale

C’est le contraire d’Edwige Feuillère car elle n’est pas non plus grande mondaine.

Blanchette Brunoy c’est la « girl next door » du cinéma français.

Ses personnages souvent populaires, toujours de province sont confrontés à toutes les épreuves de la vie. Mais là où Madeleine Renaud entre en agonie, Blanchette courbe le dos mais ne baisse pas la tête ni les bras. Elle ne sort pas vaincue des drames qui l’accablent tout le long du film.

Blanchette Brunoy aura subi toutes les avanies de la vie à l’écran. Elle aura triomphé de toutes ou du moins y aura survécu. A une exception près, celle du « Café du Cadran » où Bernard Blier la liquide sur un coup de nerfs!

Trompée, volée, abandonnée, humiliée, trahie, Blanchette Brunoy résiste. Toujours, et sans se vanter qui plus est car elle n’est pas non plus une héroïne, elle n’est pas Jeanne d’Arc! Elle est une femme du quotidien.

Est-ce là cette particularité qui aura fait d’elle une des actrices les plus populaires durant l’occupation.

C’est bien possible.

Mais c’est surtout cet art consommé qu’elle avait d’utiliser des sentiments rarement exploités par les autres actrices pour faire passer toute la gamme des émotions à l’écran.

Blanchette Brunoy joue la mélancolie, le fatalisme, le renoncement, la patience, la timidité  et vous bouleverse d’un léger sourire là où d’autres se seraient roulées par terre en se tranchant la gorge.

Si le cinéma retiendra de ses nombreux films souvent excellents ses trois collaborations avec Jean Gabin, c’est peut-être aussi parce qu’elles sont bien dans son style.

Si dans « La Bête Humaine » elle est amoureuse de Jean Gabin tueur fou, c’est Simone Simon qui y laissera sa peau, pas elle.

Si dans « La Marie du Port » Gabin la quitte pour sa sœur plus jeune, que l’on se rassure, elle s’était consolée depuis bien longtemps avec un charmant garçon plus jeune et plus beau que Gabin et…soufflé à sa sœur!

Si dans « Le Baron de l’Ecluse », Gabin la quitte c’est pour de mauvaises raisons et elle lui souhaite bon vent!

Et si dans ce même film, Gabin l’interroge sur son état de mère célibataire, ce qui était encore pour le moins délicat en 1960 elle lui répond « Oh, le père il était représentant de commerce, il avait une belle voiture rouge qui roulait très vite, alors un jour il est monté dedans et il est parti avec! » Et d’avoir le petit sourire de celle qui ne regrette rien car ca valait quand même le coup! Là où d’autres, encore une fois se seraient couvert le front de cendres.

Blanchette Brunoy c’était la femme simple du cinéma, mais c’était surtout sa femme forte.

Un emploi resté vaquant.

Cliquez sur le lien pour découvrir la biographie de Blanchette Brunoy par Celine Colassin

fichier doc 179 BLANCHETTE BRUNOY

 

1 réponse
  1. michel paccard
    4 décembre, 2015 | 19:29 | #1

    J adore Blanchette Brunoy , j ai eu la chance de la voir au théatre à Roanne dans « Patate » avec Jacques Morel – j ai aussi une photo dédicacée reçue en 1955 .

    très triste d apprendre sa mort en avril 2005

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